Obésité: les pilules qui remplaceront (peut-être) les piqûres?
Une petite pilule fait jaser dans les médias depuis quelques semaines: un second « coupe-faim » (en fait, médicament pour perdre du poids), le premier de sa catégorie "non peptidique" (petite molécule) dans la famille des GLP-1, qu'on avale… au lieu de se le piquer. Pour qui n'aime pas les piqures, entre autres. (Le premier était le sémaglutide, disponible depuis quelques années.)
Petit rappel : le GLP-1, c'est une hormone que notre intestin fabrique après un repas pour dire au cerveau que « c'est beau, j'ai assez mangé ». Les médicaments comme l'Ozempic ou le Wegovy imitent aussi ce signal, mais jusqu'ici, les formes étaient injectables. Le nouveau venu, l'orforglipron (nom commercial Foundayo, on va sûrement voir beaucoup trop d'annonces ici quand ça va être approuvé, mais bon), vient d'être approuvé aux États-Unis pour les personnes vivant avec de l'obésité et au moins une des conditions associées suivantes: dyslipidémie, hypertension, apnée obstructive du sommeil, ou maladie cardiovasculaire. Il est aussi envisagé pour traiter directement le diabète, mais pas encore approuvé pour cette indication. Il se présente sous forme de comprimé, à prendre n'importe quand dans la journée, sans même un verre d'eau.
Donc les résultats: dans l'essai principal pour cette indication, la dose la plus forte a fait perdre en moyenne 12 % du poids sur 72 semaines, comparé au placebo. C'est réel et significatif. Mais c'est quand même un cran en dessous des injectables les plus puissants, comme le tirzepatide, qui tournent autour de 15 à 21 %. Et le comprimé arrive avec un lot d'effets secondaires potentiels: nausées, diarrhée et maux de ventre, ce qui n'est pas idéal. Je vous invite donc à lire la liste complète des effets secondaires dans l'approbation FDA (en anglais) que vous trouverez dans les références. Dans les études, environ un utilisateur sur dix a cessé le traitement à cause de ces effets. Quant aux effets secondaires à long terme, on manque un peu de recul.
Ce médicament n'est toutefois pas encore autorisé par Santé Canada, il est toujours à l'étude. Alors, pour aujourd'hui, méfiez-vous des « orforglipron » offerts en ligne sur des sites douteux. Et rappelez-vous qu'aucune pilule, aussi ingénieuse soit-elle, ne devrait faire oublier l'assiette équilibrée et l'exercice régulier, ce qui demande tout de même plus de temps que d'avaler une pilule, mais ainsi va la vie.
Pour qui souhaite en lire davantage, les références sont dans le premier commentaire. Ce texte constitue de l'information générale et ne représente pas un avis médical. Toujours en référer à votre équipe traitante.
Références
- Drugs.com — « Foundayo (orforglipron) FDA Approval History » (approbation FDA : 1er avril 2026). drugs.com →
- NEJM — « Orforglipron, an Oral Small-Molecule GLP-1 Receptor Agonist for Obesity Treatment » (essai ATTAIN-1). nejm.org →
- The Lancet — « Efficacy and safety of once-daily oral orforglipron compared with oral semaglutide in adults with type 2 diabetes (ACHIEVE-3) » (2026). thelancet.com →
- ScienceDaily — « New weight loss pill beats oral Ozempic in major trial » (7 juillet 2026). sciencedaily.com →
- GoodRx — « Orforglipron vs. Tirzepatide ». goodrx.com →
- GLP1Prices.ca — « Eli Lilly's Oral GLP-1 Drug Orforglipron Awaits Health Canada Review » (2026). glp1prices.ca →