Première infection à virus du Nil occidental cette année
Le 31 juillet, le premier Québécois diagnostiqué cette année pour une infection par le virus du Nil occidental donnait de son sang et ne se savait pas touché, annonçant le début de la circulation saisonnière du virus chez nous. C'est donc le dépistage qui l'a repéré. La santé publique de Montréal a pour sa part lancé son appel à la vigilance aujourd'hui (note: la personne ne réside pas à Montréal).
Ce fameux virus du Nil occidental (VNO) tourne normalement en boucle entre les oiseaux et les moustiques du genre Culex, ces habitants ordinaires des cours et des parcs. Mais quand l'un d'eux pique un oiseau infecté, puis vous pique, il peut vous glisser au passage le VNO. Vous devenez alors ce que les spécialistes appellent un hôte « cul-de-sac » : le virus entre, mais ne repart pas, notre sang n'en contenant jamais assez pour réinfecter un moustique ou un autre humain.
L'incubation est de deux à six jours après la piqûre, parfois jusqu'à deux semaines. Puis, entre 75 et 80 % des personnes infectées ne ressentent… rien du tout et ne sauront pas qu'elles l'ont eu, peut-être comme le donneur de sang. Les moins chanceux font ce qu'on appelle la fièvre du Nil occidental accompagnée d'un gros mal de tête, de douleurs musculaires et articulaires, et parfois d'une éruption sur la peau, le tout pendant trois à six jours. Une « grippe d'été », en somme (mais ce n'est pas du tout le virus de la grippe). Un peu moins de 1 % subissent toutefois une atteinte neurologique : méningite, encéphalite ou, plus rarement, une paralysie flasque, faiblesse qui s'installe quand le virus s'attaque aux cellules nerveuses de la moelle épinière. La mortalité tourne alors autour de 10 %, et monte à environ 20 % passé 70 ans, mais sur un très petit nombre de cas. Et ça laisse des traces : plus de la moitié des hospitalisés gardent longtemps de la fatigue, une faiblesse ou des troubles de mémoire. Comme il n'existe pas de traitement spécifique, on stabilise, on soulage, et on attend que ça passe.
Alors, est-ce que tout le monde doit se barricader à l'intérieur ? Pas du tout et relativisons tout de même les choses : l'an dernier, la pire année depuis 2018 à Montréal, 37 cas ont été confirmés, sur une île de près de deux millions de personnes. Probablement les plus sévères, ceux et celles qui ont dû consulter. Le risque d'une soirée sur le balcon reste donc malgré tout minuscule. Et il n'est pas non plus le même pour tout le monde : chez les personnes infectées de 65 ans et plus, environ 2 % développent une forme neurologique, contre moins de 0,5 % chez les plus jeunes. C'est pour ça que la santé publique parle en particulier des 50 ans et à ceux qui vivent avec un diabète, un cancer ou une maladie du cœur.
Pour se protéger, puisque de toute manière, ces piqûres ne sont jamais agréables, on porte des vêtements longs et pâles, surtout au lever et au coucher du soleil. Réparer les moustiquaires et vider l'eau qui dort autour de la maison n'est pas une mauvaise idée, puisque les agresseurs se reproduisent dans les soucoupes sous les pots de fleurs, les chaudières, les gouttières bouchées ou l'eau sur la toile de piscine. Et quand ça darde en escadron pour vrai, peut-être utiliser un chasse-moustiques à base de DEET ou d'icaridine sur les vêtements, avec toutes les précautions requises.
Il faut enfin savoir que le Québec n'utilise pas de larvicides contre le VNO, faute de preuve que ça prévient les infections humaines, et qu'il n'existe pas de vaccin humain approuvé : six candidats ont été développés, aucun n'a dépassé les premiers essais. En attendant, il semble qu'on soit pris pour vivre avec ce risque, minime au total, surtout par rapport aux satanées piqûres qui ne transmettent rien, mais dont on se passerait quand même.
*Pour qui souhaite en lire davantage, les références sont dans le premier commentaire. Ce texte constitue de l'information générale et ne représente pas un avis médical. Toujours en référer à votre équipe traitante.
Références
- Résumé Consensus sur le sujet (en français) : consensus.app →
- Suivi INSPQ des cas de VNO : inspq.qc.ca →
- Gouvernement du Québec. « À propos du virus du Nil occidental (VNO) ». quebec.ca →
- Zerbato V et coll. « West Nile virus: epidemiology, prevention, clinical features, diagnosis, treatment, and open research questions ». Annals of Medicine, 2026. tandfonline.com →
- CDC. « Clinical Signs and Symptoms of West Nile Virus Disease ». cdc.gov →